Sept comme Setteur

Patrick Senécal
2012
S475s

En cette veille de Noël, Nat, huit ans, et sa soeur Rom, six ans, attendent avec impatience l’arrivée du père Noël. Or, l’homme tout de rouge vêtu qui fait irruption dans leur demeure est totalement enragé: de son énorme main, il envoie valser les biscuits et le verre de lait, pousse mère Sof dans le sapin et propulse père Pat dans les airs, avant d’enfermer Nat dans son énorme sac et de gifler en plein visage sa soeur, qui tente de lui venir en aide. Projetée sur le sol, la fillette a à peine le temps d’apercevoir l’étrange pendentif en forme de 7 qui orne le cou du père Noël avant que ce dernier ne prenne la fuite par la cheminée. Le lendemain, les journaux publient la sinistre nouvelle: le père Noël a kidnappé 43 enfants dans tout le Québec! Alors que Rom assiste, impuissante, au désespoir de ses parents, les pauvres gamins se réveillent dans des cages entourées de chauves-souris. Ils y sont visités par leurs geôliers: un lapin géant qui semble toujours prêt à mordre, une fée dotée d’une magnifique chevelure blonde, dont le regard brûle toutefois de méchanceté, et un sinistre personnage aux vêtements sombres et déchirés, à la barbe noire et aux dents jaunes, qui les nourrit de viande crue et d’eau gluante. Tous arborent le même pendentif en forme de 7… Les mois passent et Nat comprend que le bonhomme Sept-Heures a jeté un sort au père Noël, à la fée des dents et au lapin de Pâques. Et ce dernier s’apprête justement à entamer sa distribution d’oeufs, dans lesquels sont enfermés des animaux en chocolat difformes qui briseront leur coquille afin de mordre les enfants! Rusé, le garçonnet repère les oeufs destinés à sa soeur et y glisse un message: elle devra suivre le lapin ou la fée des dents pour venir le libérer… [SDM]

Un roman dans lequel l’auteur ne recule devant rien afin de créer un climat d’épouvante: décors constitués de têtes de mort, hache tachée de sang avec laquelle le terrible monsieur Setteur menace de découper Rom en morceaux, fée maléfique qui projette d’arracher les dents des enfants endormis dans le but de confectionner des coeurs qui seront envoyés aux mamans à la fête des Mères, etc. Bref, une trame tissée de violence ainsi que d’idées et de détails macabres qui risquent de troubler le jeune public visé, bien que tout revienne finalement à la normale: les icônes sacrées des enfants retrouvent en effet leur bonté et leur générosité légendaires alors que le cruel bonhomme s’évapore. Un dossier d’une quinzaine de pages définit le roman d’épouvante, présente la légende du bonhomme Sept-Heures et aborde les concepts de dialogue et de dénouement. Une présentation de l’auteur clôt cet ouvrage que l’on pourra exploiter en classe afin de présenter un personnage légendaire que la société contemporaine a relégué au banc des oubliés. [SDM]