La main

Fabrice Boulanger
2016
B763m

Ce titre s’insère dans une série de libres adaptations de grands classiques de la littérature fantastique que l’on se propose de mettre à la portée des enfants en faisant ressortir des thématiques qui leur sont familières et qui les rejoignent. Cet opus revisite la célèbre nouvelle publiée en 1883, où le narrateur découvre l’imposante galerie de souvenirs de son nouveau voisin, John Rowell. De ses voyages à travers le monde, ce grand explorateur anglais a ramené des animaux empaillés, des vases de Chine, des défenses sculptées et de l’or péruvien, mais également un trophée très étrange: une main ayant appartenu à une momie, qui tenaient deux bagues en forme d’oeil dans son poing fermé. Or, les nuits du collectionneur sont troublées par des phénomènes étranges, comme si un voleur s’introduisait dans sa demeure et se cognait à tous les meubles. Et un matin, après avoir en vain monté la garde afin de surprendre l’intrus, monsieur Bermutier découvre son voisin ligoté à son lit. Quant à la main, elle a disparu. Tout comme les bijoux… [SDM]

Une adaptation simplifiée et réussie de l’oeuvre de Maupassant, dont l’atmosphère mystérieuse et inquiétante, voire même un brin horrifique, est rendue avec brio par des peintures de synthèse auréolées d’une lumière tour à tour bleutée, verdâtre et mordorée. Les animaux empaillés dont l’aspect rappelle celui des peluches, la silhouette naïve des protagonistes, l’aspect plutôt rigolo des bagues en forme d’yeux ainsi que le trait naïf dans lequel est réalisé l’ensemble atténuent toutefois un peu l’ambiance d’épouvante adroitement mise en place par la présence de cette main aux doigts crochus et aux ongles cassés, qui est retenue à un cadre par une lourde chaîne. L’album se clôt de manière plutôt rassurante sur un plan présentant l’explorateur reposant paisiblement dans son lit et un autre sur une exposition portant sur l’Égypte ancienne où la main semble avoir retrouvé sa propriétaire, à savoir une momie au sourire avenant et sympathique. Soulignons que les dialogues entre le narrateur et son voisin anglophone sont colorés par les erreurs que commet ce dernier en mélangeant les articles masculins et féminins. Une belle introduction à un grand classique pour les jeunes amateurs de frissons. [SDM]