La fille qui a sauvé Noël

Matt Haig
2017
H149f

1840. Le quotidien est plutôt rude pour Amélia S. Perrance, une jeune Londonienne de neuf ans qui ramone des cheminées toute la journée afin de payer des médicaments à sa mère très gravement malade, que seul un miracle pourrait arracher aux griffes de la mort. Pleine d’espoir, la fillette écrit une missive au père Noël, priant pour sa guérison. Malheureusement, le bon vieillard est dans l’impossibilité de répondre à sa demande cette année-là, puisqu’une armée de trolls, conduite par la mauvaise Fée des contes, envahit Lutinbourg et dévaste tout sur son passage, anéantissant du même coup la grande fête de Noël. Un an s’écoule. Désormais orpheline, Amélia se retrouve dans la maison de redressement de l’affreux M. Villain, qui contraint sa douzaine de jeunes pensionnaires aux travaux forcés. L’espoir n’existe plus pour la fillette, qui a été séparée de son seul ami: son chat, Capitaine Suie. De son côté, le père Noël a tout reconstruit et se prépare à partir pour sa grande tournée lorsqu’il remarque que le baromètre à espoir est au plus bas, ce qui empêche ses rennes de voler. Une lettre en poche, le vieil homme part pour Londres en quête de la seule petite personne qui pourra ranimer la flamme et empêcher la magie de s’éteindre à jamais. Ceci tandis que Nouch la lutine entreprend son propre voyage périlleux au-delà des montagnes glacées afin d’apaiser la colère des trolls, qui projettent une nouvelle invasion… [SDM]

Critique : Un roman aussi amusant qu’émouvant qui propose dont la trame oscillant entre tragédie et magie convie les lecteurs se voient dans un périple captivant et envoûtant depuis les quartiers ouvriers miséreux du Londres victorien jusqu’aux paysages enneigés d’un pôle Nord magique, où les lutins cohabitent avec des rennes volants, des trolls agressifs et de jolies fées pas toujours gentilles. Un univers d’une grande richesse se dévoile ainsi à travers différentes quêtes menées en parallèle par le père Noël, une lutine et la petite Amélia, cette dernière faisant preuve d’une résilience extraordinaire en dépit d’une destinée miséreuse à l’image de celle des plus grands héros de Charles Dickens. Tout comme la reine Victoria, ce dernier a d’ailleurs un rôle à jouer dans l’intrigue mouvementée, captivante et bien menée, qui voit le bonheur, la bonté et l’amour triompher lors d’une chute qui est au passage l’occasion de rappeler que l’amour ne meurt jamais et que les gens qui nous sont chers continuent à vivre en nous. Un récit plein d’espoir et de la féerie des Fêtes, qui rappelle également que rien n’est impossible à celui qui croit. De vifs crayonnés à la plume ajoutent une touche gentiment décalée à l’ensemble, dont l’ambiance n’est par ailleurs pas sans rappeler celle des écrits de Roald Dahl. [SDM]