Hector et les pétrifieurs de temps

Danny Wallace
2016
W188h
Hector Obel a dix ans et habite Starkley, la quatrième ville la plus ennuyeuse de Grande-Bretagne. Une petite ville en bord de mer où il ne se passe tellement rien qu’un gâteau ayant un peu trop cuit fait la une des journaux! Jusqu’au jour où le temps se fige momentanément. Pendant sept longues minutes, Hector réalise qu’il est le seul à pouvoir bouger tandis qu’habitants et animaux sont pétrifiés autour de lui. La joie qu’il éprouve en profitant de ces instants volés pour s’offrir une balade en mobylette ou fourrager dans la confiserie du quartier cède la place à la panique lorsque les « pauses » se multiplient et que des monstres chevauchant des espèces de lézards géants en profitent pour envahir la ville. Le jeune garçon remarque par ailleurs d’importantes modifications dans le comportement des adultes, qui deviennent méchants et irritables. Quand ils ne se volatilisent pas tout simplement comme son propre père l’a fait quelques années auparavant. Mais pourquoi la montre que ce dernier lui a offerte avant son départ est-elle la seule à fonctionner pendant ces arrêts temporels? Le jeune garçon est bien décidé élucider le mystère avec l’aide de quelques camarades qui sont, comme lui, imperméables au phénomène. Parmi eux: Alice, « la fille à la mèche de cheveux bleue » à la tête des FSP, les Forces Spéciales contre les Pauses… [SDM]
Un roman délicieusement fantaisiste, inventif et déjanté, qui s’inscrit dans la droite ligne des classiques de Roald Dahl. Humour absurde, douce folie et rebondissements trépidants se succèdent sans temps mort au gré d’une intrigue où la banalité du quotidien des jeunes écoliers cède rapidement la place à une atmosphère sombre et propice aux frissons que viennent judicieusement renforcer par les taches d’encre monstrueuses ornant la tranche, ainsi que les passages rédigés en blanc sur fond noir et les multiples onomatopées rédigées dans une typographie éclatée. Les personnages colorés s’animent sous une plume pétillante, endiablée et parfaitement maîtrisée, à commencer par le jeune héros sensible, débrouillard et attachant, qui profite des pauses temporelles pour donner des leçons jubilatoires à Achille Bile (la terreur qui le persécute en classe) tout en espérant élucider un jour la disparition de son père, qui a grandement bouleversé l’équilibre familial. Le dénouement ouvre en effet la porte à de nouvelles aventures pour les membres multiethniques des FSP, qui n’ont rien à envier aux grands agents secrets et qui ne reculent devant rien pour affronter leurs peurs. Des illustrations expressives, dont le trait spontané et mordant sied parfaitement à l’atmosphère décalée et satirique de l’ensemble, participent hautement à ce très grand bonheur de lecture! [SDM]