Nina

Alice Brière-Haquet
2015
B858n

Album au cours duquel on suit l’histoire de Nina Simone qui raconte à sa fille Lisa comment elle est venue au monde noire sur des draps blancs, accueillie avec amour par sa mère, puis a grandit avec un piano dont elle examinait avec perplexité les touches blanches et noires, ces dernières « comme coincées dans le clavier ». (cf. p. [7]). Elle explique ensuite comment elle s’est butée à la ségrégation qui l’obligeait à céder sa place dans l’autobus, comme en solfège, parce qu' »une blanche valait deux noires ». (cf. p. [8]). Or, pour Nina, la musique n’est pas raciste: « il suffisait que les notes se mêlent, dansent ensemble dans l’air pour que le mensonge disparaisse ». (cf. p. [10]). Puis les années ont passé et elle a donné un concert où elle a refusé de jouer si sa mère ne pouvait s’asseoir au premier rang. Plus tard, un certain Martin Luther King a fait ce rêve d’un monde égalitaire possible dont on doit, encore aujourd’hui, prendre soin. [SDM]

Un album sur une grande dame de la musique jazz et militante pour les droits civiques aux États-Unis, illustré de crayonnés en noir et blanc qui campent, en de délicats clairs-obscurs, cette ode à l’égalité entre tous. [SDM]

Une histoire de bonheur : ou de malheur, c’est à vous de voir!

Emmanuel Volant
2017
V899h

Un garçon descend d’une lignée de collectionneurs où l’on collectionne tout et n’importe quoi. Ce garçon doit trouver quelle sera sa passion et, après différentes tentatives de s’intéresser à un sujet ou un autre, il a l’idée d’emprisonner des moments de bonheur dans des bulles de savon. Soudain, sur son épaule, un oiseau de malheur va apparaître et le rendre triste. L’enfant ne sait pas comment s’en débarrasser, mais dans les pires instants, il aura besoin de sa collection de souvenirs, jusqu’à ce que son animal disparaisse. [SDM]

Critique : Il y a forcément un aspect symbolique dans cette histoire, car l’oiseau de malheur peut représenter la mélancolie en tant que tristesse, qui envahit une personne afin d’assombrir son existence. Alors, la collection de petits bonheurs joue le rôle de rappeler à la mémoire que la vie a déjà été belle et qu’elle peut le redevenir. Des aquarelles relevées au crayon illustrent l’album. [SDM]

Norton et Alpha

Kristyna Litten
2017
L777n

Roues usées, boulons rouillés, tuyaux cassés, Norton et Alpha collectionnent tout et trouvent une utilité à chaque chose. Jusqu’à cette fameuse découverte. Qu’est-ce que ça peut bien être ?

Et, surtout, à quoi ça sert ?

Debout!

Michaël Escoffier
2018
E74d

« Debout! C’est l’heure de se lever! » Au moment où sa mère vient le réveiller, le garçon enfouit son visage sous les couvertures, prétextant que ses yeux sont collés, que sa tête est lourde, que son corps est raide ou que ses jambes sont molles. En entendant ces arguments, cette dernière lui fait savoir que c’est bien dommage qu’il reste au lit puisqu’il aurait pu voir, faire et partager tant de choses en cette magnifique journée. [SDM]

En incitant les enfants à sortir du lit, ce récit à la fois simple et poétique énumère les petits plaisirs pouvant être vécus en une journée, comme aller à l’école à cloche-pied, parler des dinosaures, courir sous la pluie, souffler sur les pissenlits et faire des chatouilles. L’énumération de ces activités agréables s’accompagne d’aquarelles de synthèse reproduites sur du papier artisanal, le quotidien prenant ainsi des allures rêveuses bien plus attrayantes que le décor épuré de la chambre à coucher. Le texte se termine néanmoins sur une chute amusante alors que le garçon fait savoir à sa mère que désormais, il aura davantage de difficulté à se mettre au lit le soir qu’à se lever le matin! [SDM]

C’est l’histoire

Anne Crausaz
2017
C897c

Singe, Éléphant, Souris et Lapin attendent l’arrivée de madame Ourse, qui a l’habitude de leur raconter une histoire par semaine. Nous en découvrons quatre en leur compagnie. Chaque fois que madame Ourse commence à lire, en deux temps trois mouvements, toute la bande part en expédition vivre des aventures extraordinaires. [SDM]

Détective mystère

Julia Donaldson
2018
D676d

Mystère est une chienne dotée d’un odorat extraordinaire qu’elle exploite quotidiennement afin d’aider son jeune maître, Timothée, à retrouver des objets égarés. Or, le lundi, c’est jour de congé: elle accompagne le bambin à l’école pour se délecter de l’odeur des livres d’histoires que lui racontent les enfants. Mais, aujourd’hui, catastrophe! Les livres ont disparu! Ni une, ni deux, la chienne se lance dans une course effrénée, remontant la piste du voleur à travers la ville, la prairie, la forêt et les sous-bois… [SDM]

Nous sommes dans un livre!

Mo Willems
2018
W699n

Gérald et un pachyderme plutôt réservé et réfléchi, tandis que Rosie est une petite truie impulsive et pétillante de vie. Tous deux sont les meilleurs amis du monde et réussissent, grâce à leurs caractères complémentaires, à dénouer les petits drames du quotidien. Dans cet opus, ils se sentent subitement observés et découvrent avec joie qu’ils sont les héros d’un livre. Espiègle, Rosie entreprend de faire dire le mot « banane » au lecteur, puis de le lui faire répéter, et ce, sous les éclats de rire de Gérald. Malheureusement, toute bonne chose a une fin… [SDM]

Un album savoureux, porté par l’humour pince-sans-rire propre à Willems, qui met en scène avec une savante économie de moyens les tribulations de deux copains des plus attachants, dont les mimiques et postures, esquissées de quelques traits de crayons, suffisent à susciter le rire. Une chute inattendue et pétrie de bonne humeur clôt cette aventure relatée en à peine une phrase ou onomatopée par page, au terme de laquelle les héros invitent les lecteurs à les relire pour que l’aventure ne prenne jamais fin. Le court texte, hautement expressif, est rédigé en gros caractères, dans des phylactères pastel (roses pour Rosie, gris pour Gérald) que l’on a intégrés aux tableaux minimalistes campant les héros stylisés dans des décors réduits à l’essentiel (parfois même inexistants). Une très belle réussite! [SDM]

Trois loups dans une bibliothèque

Alain Serres
2017
S488t

La bibliothécaire Noasette veut attirer les enfants pour une heure du conte, mais ce n’est pas facile. Heureusement, la figure du loup conteur va fonctionner. Chaque semaine, un énorme loup raconte aux enfants une nouvelle histoire, mais ceux-ci réalisent bientôt que Noasette est cachée sous le costume. Par contre, tous les enfants veulent maintenant devenir bibliothécaire, quand ils seront grands. [SDM]

Des crayonnés et des collages illustrent cette activité en bibliothèque, qui contient aussi quelques histoires mises en abyme. [SDM]

Qui l’eût cru!

Suzuki Noritake
2017
S968q

En regardant, par la fenêtre de sa chambre, son quartier, un jeune garçon perdu dans ses pensées croit qu’il n’a aucun talent particulier et qu’il envie le rhinocéros, par exemple, pour la luisance de sa peau. Aussitôt, nous nous retrouvons avec ce dernier, qui nous assure que sa nature n’est pas enviable, mais qu’il aimerait également être un autre. Tous les animaux ainsi convoqués trouvent que leur nature n’est pas idéale. De telle sorte que l’on croit souvent à tort que l’herbe est plus verte chez son voisin. [SDM]

L’album présente des animaux, parfois dans leurs habitats naturels, parfois coincés dans une maison trop exiguë, qui affichent des figures généralement mélancoliques, mais également douces et amusantes. Les illustrations sont des peintures réalistes à l’acrylique. [SDM]

Je l’attends, je l’attends…

Pef
2017
P375j

Une fillette ne cesse de se répéter « Je l’attends… je l’attends… », mais quel est cet objet ou cette personne qu’elle espère si ardemment? Elle se demande si, comme tout le monde, il lui parlera seulement de la pluie et du beau temps, s’il va plaire à ses parents, s’il la fera rire ou éclater en sanglots, s’il l’aidera à reconnaître ses ennemis, s’il lui permettra d’imaginer une autre façon de voir la vie. Est-ce un ami? Est-ce le grand amour? Une chose est sûre, le lecteur pourra trouver réponse à ses propres questions à travers les pages de ce livre. [SDM]

Un charmant album qui, au fil des questionnements de la petite fille et de la répétition de sa phrase « je l’attends », amène le lecteur à se demander lui-même qui peut bien faire voir la vie en noir ou en couleur, faire rêver le jour et faire voyager la nuit. La dernière double page dévoile la réponse lorsque la jeune rouquine enlace le livre que le lecteur tient entre les mains, tandis qu’une série de croquis la montre en train de traîner celui-ci partout avec elle. Les illustrations de Pef puisent dans une palette colorée et se veulent un savant mariage d’aquarelle, de peinture et de pastel sur papier texturé, dans lesquelles se glissent quelques références, dont une reproduction du tableau «American Gothic» et une scène de la fable «Le corbeau et le renard». [SDM]